Horace
or Shirley ?
Le gros blues. Pas celui de l’afro-américain dans les champs de cotons, plutôt celui du
fan de Nietzsche cherchant sa voie(x) à coup d'acide lysergique distribué gratuitement pour expérimentations dans l’Amérique inculte. Cette
mélancolie imprègnera toutes les compositions de Sir Morrison, fondateur des Doors
avec Ray Manzarek.
Comme
quoi la facétie est constitutive de nos destinées, «Light my fire» l’a estampillé
icône rock-nostalgico-défoncé-génialo-incompris alors qu’il n’en a à peine rédigé
que le second couplet. C’est Robbie Krieger le véritable auteur de cet
allume-feu, repris depuis par moultes coveristes faisant le joie de ce blog que
personne ne lit.
Et
notamment les Gli Innominati pondant une version maraconisée (italienne dans le
texte) qui ferait retourner ce bon Jim dans son caveau tagué du Père Lachaise,
s’il n’était pas encore sous l’effet du dernier mandrax ingurgité. «Prendi un fiammifero» (ce n’est pas un blague) produit en 67 par ces braves italiens
moustachus mérite donc à mon sens d’occuper la place convoitée de cover le plus
pourri.
Viennent
ensuite, honneur aux dames, différents essais plus ou moins concluants, tentant pour la plupart de récréer le climax ténébreux Morrisonnien, notamment
avec l’emploi de l’orgue, manié par Brian Auger pour Julie Driscoll ou de
guitares et de flutiaux pour Julie London.
Ces
registres pseudo-langoureux semblent hors sujet face à l’angoisse
existentielle étreignant ce brave Momo. On peut même qualifier de soporifiques
les versions de Patricia Barber ou Astrud Gilberto.
D’autres
évitent le piège comme Ananda Shankar et sa cithare, José Feliciano réchauffeur
de corazon ou Nigel Kennedy mobilisant un grand orchestre tellement il kiffe le
hit. On peut également ouaf-ouafer, si l’on est d’humeur pop, sur la version
kitch de Mike Flowers et sa perruque jaune.
Et
puis viennent les interprètes afros et avec eux, une certaine forme de groove
comme Jackie Wilson balayant l’angle tue-la-joie d’un revers de riff, Erma Franklin (grande sœur d’Aretha) ou Shirley Bassey dont la version fera l’objet
de plusieurs remix ( DJ Detta / Kenny Dope) et celui, formidable, de 12tree, entre
autre déclencheur de ce petit billet.
Sans arriver à la cheville du mashup Shirley-12tree, notons tout de même les hardies prestations de dame Hagen (Nina de son prénom) et d’Ali Campbell avec UB40, mais écoutons plutôt Shirley.
Sans arriver à la cheville du mashup Shirley-12tree, notons tout de même les hardies prestations de dame Hagen (Nina de son prénom) et d’Ali Campbell avec UB40, mais écoutons plutôt Shirley.
Et c’est encore le malaise ontologique qui emporte le morceau avec l’alliance des
maestros du genre, Massive Attack, fournisseur officiel de trip hop anxiogène
et le chanteur de reggae Horace Andy, dont le timbre angoissé fait merveille
pour dépeindre la paranoïa d’un jamaïcain égaré en ville dans Spying glass.
C’est
ce qu’il fallait, une voix exceptionnelle pouvant rivaliser avec les accents
faustien de Jim, arrangée par des déprimés de Bristol n’arrêtant pas de se
prendre le chou. Voilà pour allumer le feu.
Christophe Delaplanche
Christophe Delaplanche
Lyrics
You
know that it would be untrue
You
know that I would be a liar
If
I was to say to you
Girl,
we couldn't get much higher
Come
on baby, light my fire
Come
on baby, light my fire
Try
to set the night on fire
The
time to hesitate is through
No
time to wallow in the mire
Try
now we can only lose
And
our love become a funeral pyre
Come
on baby, light my fire
Come
on baby, light my fire
Try
to set the night on fire, yeah
The
time to hesitate is through
No
time to wallow in the mire
Try
now we can only lose
And
our love become a funeral pyre
Come
on baby, light my fire
Come
on baby, light my fire
Try
to set the night on fire, yeah
You
know that it would be untrue
You
know that I would be a liar
If
I was to say to you
Girl,
we couldn't get much higher
Come
on baby, light my fire
Come
on baby, light my fire
Try
to set the night on fire
Try
to set the night on fire
Try
to set the night on fire
Try
to set the night on fire end of lyrics