Billie or Chaka ?
Écrite en 1942
par Alec Wilder, «I’ll be around» a ensuite été gravée sur galettes
par moultes crooners (et neuses), de Tony
Bennet à Peggy Lee, en passant par Franck
Sinatra, Glenn Miller (et son orchestre) ou encore Sarah
Vaughan, Dinah Washington et même la sympathique Carly
Simon.
Les paroles
racontent bien sûr l’amour inconditionnel, celui qui dure toute une vie et
même au-delà, au-delà des infidélités, des coups de blues, de
grisous, des mauvais traitements, l’amour qui fraye parfois avec le syndrome de
Stockholm.
Le message est
unisexe mais la promesse s’adapte : I’ll be around when he’s gone
pour ces messieurs, when she’s gone pour ces dames. Billie Holyday
l’entonne ici avec grâce et retenue, s’autorisant comme à l’accoutumée de
déconcertantes libertés avec tempo et mélodie, offrant ainsi parfois l’illusion
que l’harmonie change.
À qui
adresse-t-elle sa résolution ? À tous ceux qui l’ont maltraitée comme l’époux
Jimmy Monroe ou le trompettiste Joe Guy l’ayant définitivement pendue aux
opiacées ? Elle semble tout pardonner et jurer d’être toujours là pour ramasser
les miettes de ses bad boys en vrac, une fois largués par leurs maîtresses d’un
soir. La mélancolie de sa voix tranchante et fragile touille nos âmes tandis
que les arrangements de Ray Ellis avec harpe et violons fileraient le bourdon à
Achille Zavatta.
Surgit Chaka
Kahn, seule Diva soul à éventuellement pouvoir humblement prétendre à ce jour
briguer la succession d’Aretha dans les cœurs noirs américains. Lancée par «I’m
every women» de Rufus et définitivement panthéonisée avec «I feel
for you» de Prince, la voici qui reprend la rengaine de Wilder,
arrangée cette fois par Dave Grusin et délivrée à la perfection par quatre
mercenaires engagés pour la faire briller un soir de gala.
Les claviers
Roland parent le tube de la sonorité du siècle, batteur et bassiste s’amusent à
faire groover big mama derrière son micro. Le ton en devient presque léger et
frivole (tu me trompes avec une autre ? Ce n’est pas grave, amuse-toi mon
chéri, je vais faire mes ongles ou du shopping en t’attendant).
La séquence
devient entertaining, envolée la sinistrose existentielle de dame Billie en
manque d’héro dès le matin au réveil, place à l’insouciance enjouée de Miss
Chaka, baguenaudant dans les prés harmoniques. Trémoussant de la sorte son
fort avenant popotin, la diva ne dénature-t-elle pas le message originel de
Wilder que Lady Day tatoue dans les consciences sans bouger le petit doigt ?
Christophe Delaplanche
Christophe Delaplanche
Lyrics
I'll be around no matter how you treat me now,
I'll be around from now on.
Your latest love can never last,
And when it's past, I'll be around when (she) he's
gone.
Goodbye again and if you find a love like mine,
Just now and then drop a line
To say you're feeling fine.
And when things go wrong,
Perhaps you'll see you're meant for me,
So, I'll be around when (she) he's gone.
Goodbye again
Now and then
Drop a line
To say that you're feeling fine
And when things go wrong,,
Perhaps you'll see you're meant for me,
So, I'll be around when (she) he's gone.
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