vendredi 10 octobre 2014

What a fool believes

Heather or Mario ?
Probablement le meilleur morceau jamais composé ever sur la planète variète à bobos, du point de vue de sa créativité mélodique, sa richesse harmonique, sa capacité à traverser les époques et à s’incruster dans les têtes. On tutoie les hautes sphères tubesques, nous sommes au niveau de «How deep is you love» des Bee Gees ou même de «Solid» d’Ashford & Simpson.

La douceur, le groove naturel, la musicalité, la puissance émotionnelle de la voix de Michael Mc Donald achève d’en faire le père des hits, à se remémorer ici avec les Doobie Brothers au grand complet on stage, dégainant pour l’occase deux batteries s’il vous plait, il fallait bien ça pour faire boum-boum tchac.

Le thème est tellement incroyablement prenant que même Mamie Aretha en personne n’a pu s’empêcher d’en concocter une version soul empilant de plaisantes digressions vocales comme elle seule sait les manier. Un pont funky avec guitares cocottes a même été ajouté par Chuck Jackson & Arif Mardin pour une appropriation en bonne et due forme de la nation black. Le blockbuster des Doobie paraît soudain avoir été composé par des requins de la Tamla, ce qui en fait son universalité transgenres.

Mais ce blog ne serait pas ce blog s’il ne sélectionnait pour vous, chers audilecteurs (au nombre de 0 à l’heure ou j’écris ces lignes) ce qu’il y a de plus farceur en terme de reprises d’ou le choix d’M’People, formation de House anglaise, originaire de Manchester et formée en 90 sous l’impulsion de Mike Pickering (initiales du groupe).


Emmenés par la voix chaude d’Heather Small, ils réalisent donc cette version en 98 et vendent l’album qui le contient à près de 2 millions d’exemplaires. Mike Pickering & Paul Heard gèrent l’électronique, tandis qu’Andrew Lovell est au boom-boom. Démontrant une fois de plus qu’un concept génial peut vraiment  être cuisiné à n’importe quelle sauce, le tube s’ébroue alors en mode électro house et ne s’en porte pas mal du tout.


En fait de sauce, c’est à la Napolitaine que ce blog vous invite ensuite à goûter avec les Neri per Caso, formation a capella italienne, sorte de Naturally Seven sortis tout droit d’un calzone et emmenés pour l’occasion par Matt Biondy, crooner jazz soul sicilien pur sucre, dont la puissance vocale naturelle et le registre de baryton l’ont très rapidement fait apparaitre comme une sorte de Barry White Barilla (du nom des pâtes, excusez le pauvre jeu de mot mais avouez qu’il est parfois difficile de se retenir).


Plus sérieusement, voici une version qui donne toute sa place aux talentueuses variations harmoniques des Doobie. Mister Biondy, conscient d’entrée qu’il est impossible de se hisser à la cheville du Dieu Mc Donald, même en rêve, ne force donc pas son talent et laisse les enthousiastes drilles de Neri per Caso rendre l’ensemble enlevé, aérien et gai, façon pinsons. 

J’avoue qu’en regardant le clip, la parabole du Rubik’s cube m’échappe quelque peu... un fou qui voit ce qu’il croit, arriverait-t-il à remettre la partition en place entre lui et sa seconde moitié ?
Christophe Delaplanche



Lyrics

He came from somewhere back in her long ago
The sentimental fool don't see
Trying hard to recreate
What had yet to be created once in her life

She musters a smile
For his nostalgic tale
Never coming near what he wanted to say
Only to realize
It never really was

[Chorus]
She had a place in his life
He never made her think twice
As he rises to her apology
Anybody else would surely know
He's watching her go
But what a fool believes he sees
No wise man has the power to reason away
What seems to be
Is always better than nothing
And nothing at all keeps sending him
Somewhere back in her long ago
Where he can still believe there's a place in her life
Someday, somewhere, she will return


[Chorus]
But what a fool believes he sees
No wise man has the power to reason away
What seems to be
Is always better than nothing
There's nothing at all

But what a fool believes he sees