samedi 8 novembre 2014

Light my fire


Horace or Shirley ?
Le gros blues. Pas celui de l’afro-américain dans les champs de cotons, plutôt celui du fan de Nietzsche cherchant sa voie(x) à coup d'acide lysergique distribué gratuitement pour expérimentations dans l’Amérique inculte. Cette mélancolie imprègnera toutes les compositions de Sir Morrison, fondateur des Doors avec Ray Manzarek.

Comme quoi la facétie est constitutive de nos destinées, «Light my fire» l’a estampillé icône rock-nostalgico-défoncé-génialo-incompris alors qu’il n’en a à peine rédigé que le second couplet. C’est Robbie Krieger le véritable auteur de cet allume-feu, repris depuis par moultes coveristes faisant le joie de ce blog que personne ne lit.

Et notamment les Gli Innominati pondant une version maraconisée (italienne dans le texte) qui ferait retourner ce bon Jim dans son caveau tagué du Père Lachaise, s’il n’était pas encore sous l’effet du dernier mandrax ingurgité. «Prendi un fiammifero» (ce n’est pas un blague) produit en 67 par ces braves italiens moustachus mérite donc à mon sens d’occuper la place convoitée de cover le plus pourri.

Viennent ensuite, honneur aux dames, différents essais plus ou moins concluants, tentant pour la plupart de récréer le climax ténébreux Morrisonnien, notamment avec l’emploi de l’orgue, manié par Brian Auger pour Julie Driscoll ou de guitares et de flutiaux pour Julie London.

Ces registres pseudo-langoureux semblent hors sujet face à l’angoisse existentielle étreignant ce brave Momo. On peut même qualifier de soporifiques les versions de Patricia Barber ou Astrud Gilberto.

D’autres évitent le piège comme Ananda Shankar et sa cithare, José Feliciano réchauffeur de corazon ou Nigel Kennedy mobilisant un grand orchestre tellement il kiffe le hit. On peut également ouaf-ouafer, si l’on est d’humeur pop, sur la version kitch de Mike Flowers et sa perruque jaune.

Et puis viennent les interprètes afros et avec eux, une certaine forme de groove comme Jackie Wilson balayant l’angle tue-la-joie d’un revers de riff, Erma Franklin (grande sœur d’Aretha) ou Shirley Bassey dont la version fera l’objet de plusieurs remix ( DJ Detta / Kenny Dope) et celui, formidable, de 12tree, entre autre déclencheur de ce petit billet. 

Sans arriver à la cheville du mashup Shirley-12tree, notons tout de même les hardies prestations de dame Hagen (Nina de son prénom) et d’Ali Campbell avec UB40, mais écoutons plutôt Shirley.



Et c’est encore le malaise ontologique qui emporte le morceau avec l’alliance des maestros du genre, Massive Attack, fournisseur officiel de trip hop anxiogène et le chanteur de reggae Horace Andy, dont le timbre angoissé fait merveille pour dépeindre la paranoïa d’un jamaïcain égaré en ville dans Spying glass.

C’est ce qu’il fallait, une voix exceptionnelle pouvant rivaliser avec les accents faustien de Jim, arrangée par des déprimés de Bristol n’arrêtant pas de se prendre le chou. Voilà pour allumer le feu.
Christophe Delaplanche




Lyrics

You know that it would be untrue
You know that I would be a liar
If I was to say to you
Girl, we couldn't get much higher

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire

The time to hesitate is through
No time to wallow in the mire
Try now we can only lose
And our love become a funeral pyre

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire, yeah

The time to hesitate is through
No time to wallow in the mire
Try now we can only lose
And our love become a funeral pyre

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire, yeah

You know that it would be untrue
You know that I would be a liar
If I was to say to you
Girl, we couldn't get much higher

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire end of lyrics



2 commentaires :

  1. Bah si moi j'ai lu et même entendu (écoute stridente),je te dis que PharellW il aurait mieux fait et ça l'aurait fait...Light my happy fire. Pour t’énerver...
    Elisabeth Boy

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    1. Merci Elisabeth, t'es mon 1er commentaire et donc rien que pour ça, je ne suis pas du tout énervé !! :=)) (Pourquoi stridente ?)

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Merci de vos commentaires zavisés et de vos suggestions de covers finauds