vendredi 24 octobre 2014

Feel Like Makin' Love

Mike or Michael ?
Love, love, love, sans conteste le mot le plus bassiné, asséné, rabâché, martelé, vomi de toutes les productions musicales anglo-saxonnes et que vous entendrez donc une fois sur deux dans ce blog, alors autant vous y faire tout de suite, je ne choisis pas les paroles, juste les répliques.

"Feel Like Makin' Love" est une composition originale d’Eugene McDaniels interprétée la première fois par Roberta Flack en 1974 avec déjà ce bon vieux Bob James au saxophone, qui ne se gênera donc pas pour faire un peu de cash en le reprenant par la suite.

Typique la rengaine langoureuse qu’on écoute façon Barry White en galante compagnie avec lumière tamisée, champagne, peau de zébu devant l’âtre crépitant et tout le tintouin.

Face à l’incontournable D’Angelo, j’avoue avoir hésité à mettre le pilier du funk d’ascenseur aux cols de chemises delta plane, vous aurez reconnu Georges Benson, que j’ai finalement décidé de réserver pour un autre cover, tant chacune de ses saillies à la guitare cocotte, certes un peu datées aujourd’hui, n’en restent pas moins des masterpieces pouvant faire se trémousser n’importe quel tétraplégique.

Alors quelques liens comme d’habitude pour vous mettre en bouche (comme je hais cette expression) et notamment la pire version entendue sur le sujet qui pourrait peut-être inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog, recensant les covers les plus pourris, j’ai cité Elizabeth Archer & The Equators (sic) s’aventurant dans une reprise reggae, ne respectant ni les harmonies, ni l’esprit et dont la leadeuse chante limite faux, bref, un vrai régal.

Michael Brecker également très décevant quand on se remémore ses prouesses réalisées avec son frère Randy et le métronome Terry Bosio.
Larry Coryell s’y met également préparant sans doute un show aux Hespérides avec Ernest Ranglin puis défilent les sempiternelles muses comme Marlena Shaw ou Johnny Mathis et même Isaac Hayesombre de mister Shaft sur ce coup.

Mais la déprime freine avec le toujours fantasque Shaggy dont la signature vocale (comme dirait Jennifer dans the Voice) fera toujours poiler la galaxie Rub-a-dub, puis elle cesse soudain avec Mike Reinhardt, Thierry Eliez et François Morin, (des Français Monsieur !) qui nous offrent un vrai petit morceau de bravoure live, allez savoir qu’ils ont ingurgité ce soir-là.



Place maintenant à l’ombrageux protégé de Roger «Prince /love symbol/my ass» Nelson à qui l’on doit l’invention de la section «Nu Soul», la musique black toujours friande de tiroirs et de catégories.

Ses trop rares productions font trépigner d’impatience la planète R&B après que diverses abus d’illicites substances et autre turpitudes automobiles l’aient tenu à l’écart de ce que pourquoi il est vraiment doué.

Plus sérieusement, ses funks lents la gestion des chœurs dont il assure toutes les voix est une vraie marque de fabrique. Dieu sait s’il est compliqué d’émerger au milieu du magma R n’B tant de millions d’artistes, tentant de s’y employer, modèlent un informe brouhaha recraché à longueur de fréquences par les radios FM.

D’Angelo (de son vrai nom Michael Eugene Archer) y est arrivé et son cover d’Eugène Mc Daniels en est l’une des précieuses démonstrations.
Christophe Delaplanche


Lyrics

Strollin' in the park
Watchin' winter turn to spring
Walkin' in the dark
Watchin' lovers do their thing

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

When you talk to me
When you're moanin' sweet & low
When you touch me
And my feelings start to show, show, oh

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

In a restaurant
Holdin' hands by candlelight
Wanna touch you
Wantin' you with all my might

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true




jeudi 23 octobre 2014

Fascinating Rhythm


Enoch & Terry or Jacob ?
C’est un peu comme si tout le monde s’était bousculé au portillon pour reprendre cette antienne pondue par les frères Gershwin en 1924, aux fins de sonoriser la comédie musicale «Lady be good» présentée à Broadway.

Du coup, une pesante lassitude m’envahit au fur et à mesure que j’agrégeais les covers, au point de ne plus savoir lequel mettre en vis-à-vis de l’OVNI de Jacob Collier, l’exploration de ce thème étant bien entendu parti de lui (vous comprendrez après l’avoir entendu).

Voici donc de manière non exhaustive le thème reprit par des crooners comme Tom Jobim, Tony Bennett, Cliff Edwards, Tommy Steele, Mel Torme
Des formations comme Osmond Brothers, Sammy Nestico, Sinfonia Viva
Des violonistes comme Stéphane Grappelli (toujours la patate Pappy), des saxophonistes comme Stan Getz, des pianistes comme Jamie Cullum, Oscar Peterson (Jamie a encore du boulot)…. Je vous avais prévenu, c’est l’enfer...

Alors, activez quelque links au gré de vos clics mais surtout ne vous farcissez pas tout au risque de ne plus supporter cet air avant d’avoir entendu les deux versions que je vous ai dûment concoctés (en me retenant de jeter ce blog par la fenêtre) à commencer par celui des All-Stars, emmenés par Enoch Light et Terry Snyder dans l’une des sessions des Persuasive Percussions.


Restant léger et second degré, un peu comme une bande-son de Jacques Tati, Enoch et son orchestre (The light Brigade) nous épargne les sempiternelles et insupportables envolées des crooners tout en rendant justice au génie harmonique de Gershwin, bref une dédicace à George et point à Ira.

The Command All-Stars (arrangements Lew Davies 1959)



Venons-en maintenant au prodige Jacob Collier, étudiant à la Royal Academy of Music de Londres et que l’on peut découvrir sur son profil Facebook entouré de Quincy Jones et d’Herbie Hancock (ne tentez pas la demande d’amis, Môssieur affiche complet :=))

40 000 abonnés en ligne dans 156 pays, plus de 2 millions et demi de vues sur Youtube, à 20 ans, le môme est un déjà un véritable phénomène. Pianiste, arrangeur, il touche à tout ce qui se joue et se filme en donnant de la voix sur chaque piste, ayant à chaque fois pris soin d’aménager stylisme et coupe de cheveux.

Cela donne un chœur comme personne n’en a encore jamais rêvé. George doit planner dans sa tombe en découvrant les ajouts harmoniques du jeune Jacob qui passe du jazz à un funk d’inspiration Quincy Jones. Bon j’arrête de bla-blater, cliquez sur play et ouvrez grandes vos oreilles, c’est fascinant. 
Christophe Delaplanche


Lyrics

Got a little rhythm, a rhythm, a rhythm
That pit-a-pats through my brain ;
So darn persistant,
The day isn't distant
When it'll drive me insane.
Comes in the morning
Without any warning,
And hangs around me all day.
I'll have to sneak up to it
Someday, and speak up to it.
I hope it listens when I say :

Refrain :
Fascinating Rhythm,
You've got me on the go !
Fascinating Rhythm,
I'm all a-quiver.

What a mess you're making !
The neighbours want to know
Why I'm always shaking
Just like a flivver.

Each morning I get up with the sun
Start a-hopping,
Never stopping
To find at night no work has been done.

I know that
Once it didn't matter
But now you're doing wrong ;
When you start to patter
I'm so unhappy.

Won't you take a day off ?
Decide to run along
Somewhere far away off
And make it snappy !

Oh, how I long to be the gal I used to be !
Fascinating rhythm,

Why won't you stop picking on me ?