samedi 20 décembre 2014

I want you back


Ayo or Rachel ?
Tito, Jackie, Marlon, Jermaine et bien sûr Michael, tels se prénomment les quatre loustics martyrisés par leur papa (le méchant Joseph) ayant interprété «I want you back» sous le label Jackson Five. Ecrite par Berry Gordy, fondateur de Motown & Corporation et à l’origine destinée à Gladys Knight, puis Diana Ross, cette ritournelle du crétin macho se mordant les doigts d’avoir laissé échappé sa moitié et exigeant son illico retour, a atteint le top billboards aux USA au début des années 70. En 2009, le tube fêta ses 40 ans avec la sortie de l’abum «I want you back Unreleased Masters» à l’occasion du brutal cassage de pipe par over dose médicamenteuse du loup garou en chef.

Je vous livre de suite en pâture les pires reprises avec l’Hebron Sax Quartet rivalisant de couacs et mauvais tempos avec Top Shelf Brass Band (le petit percussioniste à chapeau dansant le chalerston en tapant sur sa cloche à contre-temps en roulant des yeux devrait à mon avis consulter) et surtout  le Central Michigan Marching Band se produisant pour l’ouverture du match (de base ball) Michigan-Miami. ¼ heure de fou-rire garanti sous ganja : les deux petits gros respectivement à la trompette (1:08) et au trombone (1:29) contraints de marcher de traviolo ou à reculons en soufflant comme des bêtes dans leurs escargots cuivrés sous leurs casques à plumes.

Viennent ensuite des covers n’apportant pas grand-chose comme celui d’Oh No Fiasco parfait petit groupe pour mariages et bar mitsvahs, Jer Coons ou Colbie Caillat et leurs jolies voix, les transparents Soul Family, le clownesque Max Schneider et son orchestre, l’hystérique Cleopatra, la décevante Janelle Monae qui nous a habitué à beaucoup mieux, les soporifiques Civil War, la sympathique KT Tunstall et aussi David Ruffin et les très en place Warblers dans leur version a capella pour la série Glee. Notons la pathétique prestation du frangin Jermaine, ombre de ce qu’il pouvait offrir à l'époque de PYT et celle de Sheryl Crow à la Maison Blanche applaudie par tous les petits Obama alors qu’elle ne groove pas un pet de lapin.

Viennent ensuite deux versions punk rock, toujours funs au départ de compos black et qui font parfaitement honneur à leurs statuts de cover, (reprise du thème avec un tempo et des arrangements différents, illustrant une marque de fabrique spécifique à l’auteur) avec A Loss For Words et Far From Finish.

Entrons maintenant dans le créatif avec les joviaux Decimal, les dynamiques Tal & Irma, les requins de studio FeeStay et la magnifique version cubaine de Tony Succar et Tito Nieves s’écartant peu à peu du thème pour devenir de la salsa d’ascenceur standard (la salsa, pas l’ascenceur).

Viennent ensuite Elodie et Mathieu et leur étrange mais efficace Harpejji, puis s’incrustent  l’inévitable mais ma foi assez doué beatboxman, KRNFK de son petit nom (I want you back commence à 4:05 mais le tout est assez plaisant à écouter depuis le début) et Discovery en mode électro, puisqu'il en faut toujours un dans le tas.

Dans l’éventualité où vous n’avez pas fait d’overdose du titre, installez-vous dans un canapé pour savourer la très sensuelle interprétation de Joy Olasunmibo Ogunmakin, alias Ayo (plus simple), pour laquelle le pianiste Vincent Bidal réarrange légèrement les harmonies du Jackson hit avec une descente d’acoords bluesy du meilleur effet. C’est beau, on dirait du veau.


Sa rivale du jour au sein de ce blog sera Rachel Price, charismatique chanteuse de Lake Street Dive, formation Bostoniene de jazz indie et de soul, accompagnée de ses petits camarades batteur et trompettiste et notamment Bridget Kearney, délivrant le thème avec sa grosse contrebasse et ses ongles vernis, donnant ainsi un mood jazzy à l’ensemble.
Ils réalisent ce set dans les rues de Brighton pour promouvoir leur nouvel album Fun Machine. Tout cela est très inspiré, moi je dis.
Christophe Delaplanche



Lyrics

When I had you to myself, I didn't want you around
Those pretty faces always make you stand out in a crowd
But someone picked you from the bunch, one glance is all it took
Now it's much too late for me to take a second look

Oh baby, give me one more chance
(To show you that I love you)
Won't you please let me back in your heart
Oh darlin', I was blind to let you go
(Let you go, baby)
But now since I've seen you it is on
(I want you back)
Oh I do now
(I want you back)
Ooh ooh baby
(I want you back)
Yeah yeah yeah yeah
(I want you back)
Na na na na

Trying to live without your love is one long sleepless night
Let me show you, girl, that I know wrong from right
Every street you walk on, I leave tear stains on the ground
Following the girl I didn't even want around

Let me tell ya now
Oh baby, all I need is one more chance
(To show you that I love you)
Won't you please let me back in your heart
Oh darlin', I was blind to let you go
(Let you go, baby)
But now since I've seen you it is on

All I want
All I need
All I want!
All I need!

Oh, just one more chance
To show you that I love you
Baby baby baby baby baby baby!
(I want you back)
Forget what happened then
(I want you back)
And let me live again!

Oh baby, I was blind to let you go
But now since I've seen you it is on
(I want you back)
Spare me of this cost
(I want you back)
Give me back what I lost!

Oh baby, I need one more chance, hah
I'd show you that I love you
Baby, oh! Baby, oh! Baby, oh!
I want you back!

I want you back!

samedi 8 novembre 2014

Light my fire


Horace or Shirley ?
Le gros blues. Pas celui de l’afro-américain dans les champs de cotons, plutôt celui du fan de Nietzsche cherchant sa voie(x) à coup d'acide lysergique distribué gratuitement pour expérimentations dans l’Amérique inculte. Cette mélancolie imprègnera toutes les compositions de Sir Morrison, fondateur des Doors avec Ray Manzarek.

Comme quoi la facétie est constitutive de nos destinées, «Light my fire» l’a estampillé icône rock-nostalgico-défoncé-génialo-incompris alors qu’il n’en a à peine rédigé que le second couplet. C’est Robbie Krieger le véritable auteur de cet allume-feu, repris depuis par moultes coveristes faisant le joie de ce blog que personne ne lit.

Et notamment les Gli Innominati pondant une version maraconisée (italienne dans le texte) qui ferait retourner ce bon Jim dans son caveau tagué du Père Lachaise, s’il n’était pas encore sous l’effet du dernier mandrax ingurgité. «Prendi un fiammifero» (ce n’est pas un blague) produit en 67 par ces braves italiens moustachus mérite donc à mon sens d’occuper la place convoitée de cover le plus pourri.

Viennent ensuite, honneur aux dames, différents essais plus ou moins concluants, tentant pour la plupart de récréer le climax ténébreux Morrisonnien, notamment avec l’emploi de l’orgue, manié par Brian Auger pour Julie Driscoll ou de guitares et de flutiaux pour Julie London.

Ces registres pseudo-langoureux semblent hors sujet face à l’angoisse existentielle étreignant ce brave Momo. On peut même qualifier de soporifiques les versions de Patricia Barber ou Astrud Gilberto.

D’autres évitent le piège comme Ananda Shankar et sa cithare, José Feliciano réchauffeur de corazon ou Nigel Kennedy mobilisant un grand orchestre tellement il kiffe le hit. On peut également ouaf-ouafer, si l’on est d’humeur pop, sur la version kitch de Mike Flowers et sa perruque jaune.

Et puis viennent les interprètes afros et avec eux, une certaine forme de groove comme Jackie Wilson balayant l’angle tue-la-joie d’un revers de riff, Erma Franklin (grande sœur d’Aretha) ou Shirley Bassey dont la version fera l’objet de plusieurs remix ( DJ Detta / Kenny Dope) et celui, formidable, de 12tree, entre autre déclencheur de ce petit billet. 

Sans arriver à la cheville du mashup Shirley-12tree, notons tout de même les hardies prestations de dame Hagen (Nina de son prénom) et d’Ali Campbell avec UB40, mais écoutons plutôt Shirley.



Et c’est encore le malaise ontologique qui emporte le morceau avec l’alliance des maestros du genre, Massive Attack, fournisseur officiel de trip hop anxiogène et le chanteur de reggae Horace Andy, dont le timbre angoissé fait merveille pour dépeindre la paranoïa d’un jamaïcain égaré en ville dans Spying glass.

C’est ce qu’il fallait, une voix exceptionnelle pouvant rivaliser avec les accents faustien de Jim, arrangée par des déprimés de Bristol n’arrêtant pas de se prendre le chou. Voilà pour allumer le feu.
Christophe Delaplanche




Lyrics

You know that it would be untrue
You know that I would be a liar
If I was to say to you
Girl, we couldn't get much higher

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire

The time to hesitate is through
No time to wallow in the mire
Try now we can only lose
And our love become a funeral pyre

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire, yeah

The time to hesitate is through
No time to wallow in the mire
Try now we can only lose
And our love become a funeral pyre

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire, yeah

You know that it would be untrue
You know that I would be a liar
If I was to say to you
Girl, we couldn't get much higher

Come on baby, light my fire
Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire
Try to set the night on fire end of lyrics



vendredi 24 octobre 2014

Feel Like Makin' Love

Mike or Michael ?
Love, love, love, sans conteste le mot le plus bassiné, asséné, rabâché, martelé, vomi de toutes les productions musicales anglo-saxonnes et que vous entendrez donc une fois sur deux dans ce blog, alors autant vous y faire tout de suite, je ne choisis pas les paroles, juste les répliques.

"Feel Like Makin' Love" est une composition originale d’Eugene McDaniels interprétée la première fois par Roberta Flack en 1974 avec déjà ce bon vieux Bob James au saxophone, qui ne se gênera donc pas pour faire un peu de cash en le reprenant par la suite.

Typique la rengaine langoureuse qu’on écoute façon Barry White en galante compagnie avec lumière tamisée, champagne, peau de zébu devant l’âtre crépitant et tout le tintouin.

Face à l’incontournable D’Angelo, j’avoue avoir hésité à mettre le pilier du funk d’ascenseur aux cols de chemises delta plane, vous aurez reconnu Georges Benson, que j’ai finalement décidé de réserver pour un autre cover, tant chacune de ses saillies à la guitare cocotte, certes un peu datées aujourd’hui, n’en restent pas moins des masterpieces pouvant faire se trémousser n’importe quel tétraplégique.

Alors quelques liens comme d’habitude pour vous mettre en bouche (comme je hais cette expression) et notamment la pire version entendue sur le sujet qui pourrait peut-être inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog, recensant les covers les plus pourris, j’ai cité Elizabeth Archer & The Equators (sic) s’aventurant dans une reprise reggae, ne respectant ni les harmonies, ni l’esprit et dont la leadeuse chante limite faux, bref, un vrai régal.

Michael Brecker également très décevant quand on se remémore ses prouesses réalisées avec son frère Randy et le métronome Terry Bosio.
Larry Coryell s’y met également préparant sans doute un show aux Hespérides avec Ernest Ranglin puis défilent les sempiternelles muses comme Marlena Shaw ou Johnny Mathis et même Isaac Hayesombre de mister Shaft sur ce coup.

Mais la déprime freine avec le toujours fantasque Shaggy dont la signature vocale (comme dirait Jennifer dans the Voice) fera toujours poiler la galaxie Rub-a-dub, puis elle cesse soudain avec Mike Reinhardt, Thierry Eliez et François Morin, (des Français Monsieur !) qui nous offrent un vrai petit morceau de bravoure live, allez savoir qu’ils ont ingurgité ce soir-là.



Place maintenant à l’ombrageux protégé de Roger «Prince /love symbol/my ass» Nelson à qui l’on doit l’invention de la section «Nu Soul», la musique black toujours friande de tiroirs et de catégories.

Ses trop rares productions font trépigner d’impatience la planète R&B après que diverses abus d’illicites substances et autre turpitudes automobiles l’aient tenu à l’écart de ce que pourquoi il est vraiment doué.

Plus sérieusement, ses funks lents la gestion des chœurs dont il assure toutes les voix est une vraie marque de fabrique. Dieu sait s’il est compliqué d’émerger au milieu du magma R n’B tant de millions d’artistes, tentant de s’y employer, modèlent un informe brouhaha recraché à longueur de fréquences par les radios FM.

D’Angelo (de son vrai nom Michael Eugene Archer) y est arrivé et son cover d’Eugène Mc Daniels en est l’une des précieuses démonstrations.
Christophe Delaplanche


Lyrics

Strollin' in the park
Watchin' winter turn to spring
Walkin' in the dark
Watchin' lovers do their thing

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

When you talk to me
When you're moanin' sweet & low
When you touch me
And my feelings start to show, show, oh

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

In a restaurant
Holdin' hands by candlelight
Wanna touch you
Wantin' you with all my might

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true

That's the time I feel like making love to you
That's the time I feel like making dreams come true